ICÔNE 

Nom Féminin 

L'icône n’est que le moyen d’autre chose, elle n’est pas à elle-même sa propre fin.

IDOLE

Nom Féminin 

L’idole possède son pouvoir et sa finalité en elle-même.

Série iCône - Nathalie Portman - Anna Karina

France BIZOT - 2017 

Marilyn Monroe 23

Andy Warhol - 1967

Les portraits de Warhol, quête de l'image immortelle :  

"Il a utilisé les idoles du peuple américain et il en a fait des icônes. Et lui qui a désiré être la machine idolâtrée du milieu culturel artistique américain s’est vécu lui-même comme une idole. Il a produit aussi son icône." [Andy Warhol] sait bien ce qu’est une icône, c'est-à-dire un visage qui est doué d’immortalité, d’indestructibilité, et dans lequel s’inscrit matériellement un espoir de résurrection (…) et l’icône lorsqu’elle s’est constituée comme telle dans la tradition théologique orthodoxe, s’est construite contre l’idole."

Marie-José Mondzain

Warhol’s Amanda as marilyn

David LaChapelle//New-York - 2002

L’idole archaïque et la belle antique -

 

“ L’erreur n’était pas d’adorer un morceau de bois ou de marbre, mais d’adorer une fausse divinité représentée par ce bois et ce marbre. La différence entre eux et nous n’est pas qu’ils eussent des images et que nous n’en ayons point ; la différence est que leurs images figuraient des êtres fantastiques dans une religion fausse, et que les nôtres figurent des êtres réels dans une religion véritable.”

Voltaire - 1764

« L’image qui propose un chemin à l’imagination est une icône, celle qui enferme dans un imaginaire est une idole » 

Jan Koenot

 

Dictionnaire de la Bible - p 537 : Idolâtrie, Idoles :

“Expressions imagées qui flétrissent la trahison de l’Alliance entre Yahvé et son peuple, dont se rendaient coupables les “fils d’Israël” en servant d’autres “dieux”, vénérés à travers les idoles.”

Les premiers théologiens de la chrétienté, en deçà de toutes les différences qui sépareront le domaine oriental, byzantin, du domaine occidental et latin, les premiers théologiens auront ainsi, plus ou moins explicitement, formulé leurs exigences principes à l'égard de cet art qui allait devenir un vecteur essentiel de la dévotion, de la liturgie et de la prédication religieuses. Il fallait, répétons-le, creuser dans le visible – c'est-à-dire dans l'apparence, dans la surface du monde, dans les corps – le lieu du « visuel », afin d'ouvrir dans la poétique classique, celle de l'imitation, le lieu entièrement nouveau d'une poétique vouée à l'incarnation. Il fallait donc réinventer un art qui affirmât ses différences de fond, alors même qu'il s'apprêtait à user, et jusqu'à l'extrême, de tous les moyens figuratifs inventés par l'Antiquité païenne : beautés, apparences, surfaces du monde, corps humains.

La théologie admettait donc l'image comme moyen privilégié de « défendre » et de transmettre les plus hautes vérités de la foi, mais à la condition de creuser une différence dans le registre même de l'image : pour résumer l'argument en deux mots, on dira que la théologie admettait une image qui fût icône, tandis qu'elle rejetait toute image qui fût idole. Cette opposition sémantique est fondamentale (même si elle procède en grande partie d'une différence fantasmée quant à l'image).

Universalis 

« La véritable icône est instaurative d’un sens, la simple image – qui se pervertit bien vite en idole ou en fétiche – est fermeture sur soi, rejet du sens, inerte copie du sensible. » 

L’imagination symbolique - Gilbert Durand